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Le plan d’action AERER : comment intervenir face à une crise de santé mentale ?
Ce que vous apprendrez dans cet article :
Ce qu'est le plan d'action AERER et pourquoi il structure l'intervention en premiers secours en santé mentale.
Comment appliquer chacune des cinq étapes face à une personne en difficulté.
Ce que chaque étape implique concrètement et ce qu'elle ne permet pas de faire.
Pourquoi ce cadre change radicalement la qualité de l'intervention d'un non-professionnel.
Face à une personne en détresse psychique, la plupart des gens ressentent la même chose : l’envie d’aider, et l’incertitude totale sur ce qu’il faut dire ou faire. On a peur d’aggraver la situation. On ne sait pas si on doit poser des questions ou se taire. On ne sait pas vers qui orienter la personne. Et pendant ce temps, on improvise.
Le plan d’action AERER est précisément conçu pour sortir de l’improvisation. C’est un cadre structuré, enseigné dans la formation PSSM, qui permet à tout non-professionnel d’intervenir de façon adaptée et méthodique face à une situation de détresse psychique.
1. Pourquoi un plan d’action structuré est indispensable
Face à une crise physique, les gestes de premiers secours sont codifiés. On sait qu’il faut protéger, alerter, secourir dans un ordre précis. Ce cadre permet d’agir efficacement même sous stress, sans avoir à décider de chaque geste dans l’urgence.
La santé mentale nécessite la même rigueur. Sans cadre, une intervention bien intentionnée peut être maladroite, voire contre-productive. Minimiser la souffrance, donner des conseils non sollicités, promettre une confidentialité qu’on ne peut pas garantir : autant d’erreurs courantes qui fragilisent la relation avec la personne en difficulté au lieu de l’aider.
Le plan AERER donne un fil conducteur. Il ne supprime pas la spontanéité ou l’empathie, mais il les canalise dans une direction utile.
2. Les cinq étapes du plan AERER
A — Approcher la personne, évaluer la situation et aider
La première étape consiste à aller vers la personne en difficulté de façon bienveillante et non intrusive. Vous évaluez la situation : y a-t-il un danger immédiat ? La personne est-elle en sécurité ? Vous engagez un premier contact en signalant votre disponibilité sans forcer la conversation. Un simple « Je t’ai remarqué, tu as l’air d’aller moins bien, est-ce que tu veux qu’on parle ? » peut ouvrir un espace de soutien.
E — Écouter sans jugement
C’est l’étape centrale et souvent la plus difficile. Écouter sans jugement ne signifie pas approuver. Cela signifie recevoir ce que la personne exprime sans l’interrompre, sans minimiser, sans relativiser et sans proposer immédiatement des solutions. La personne en détresse a d’abord besoin d’être entendue, pas d’être conseillée. Cette écoute active, en apparence simple, est une compétence qui se travaille et qui fait toute la différence dans la qualité du soutien apporté.
R — Rassurer et donner de l’information
Une fois que la personne s’est exprimée, vous pouvez lui apporter des informations factuelles et rassurantes. Lui dire que ce qu’elle traverse est reconnu, que des ressources existent, que des professionnels peuvent l’aider. Cette étape ne consiste pas à promettre que tout va bien se passer, mais à donner à la personne des repères concrets sur ce qui existe pour elle.
E — Encourager à obtenir de l’aide professionnelle
Un secouriste en santé mentale ne remplace pas un professionnel. Son rôle est d’encourager la personne à chercher une aide adaptée : médecin généraliste, psychologue, psychiatre, médecin du travail, service d’écoute psychologique. Cette étape nécessite du tact : une personne en souffrance peut résister à l’idée de consulter. L’enjeu est de l’y amener progressivement, sans la brusquer.
R — Relayer vers les autres ressources d’aide
La dernière étape consiste à orienter la personne vers d’autres formes de soutien si elle n’est pas prête à consulter un professionnel immédiatement : associations, lignes d’écoute, groupes de soutien, entourage proche. Dans les situations d’urgence, cela peut inclure l’orientation vers les services de secours ou la ligne nationale de prévention du suicide (3114).
3. Ce que le plan AERER ne permet pas de faire
Le plan AERER est un cadre d’intervention de premiers secours. Il a des limites qu’il est important de connaître.
Il ne permet pas de diagnostiquer un trouble de santé mentale. Il ne donne pas les compétences pour traiter une pathologie psychique. Il ne remplace pas une prise en charge professionnelle. Et il ne garantit pas que la personne en difficulté acceptera de l’aide.
Ces limites ne diminuent pas l’utilité du plan AERER. Elles définissent simplement son périmètre : intervenir en première intention, de façon adaptée et humaine, jusqu’à ce qu’une aide professionnelle puisse prendre le relais.
4. Un cadre qui s’adapte à chaque situation
Le plan AERER ne s’applique pas de façon rigide et identique à toutes les situations. Une crise suicidaire ne se gère pas de la même façon qu’une attaque de panique ou qu’un épisode dépressif. La formation PSSM enseigne comment adapter le plan AERER aux principaux troubles et situations de crise : dépression, troubles anxieux, crise psychotique, usage problématique de substances, comportements agressifs.
C’est ce qui fait la force du dispositif : un cadre commun, des adaptations situationnelles. Les participants apprennent à la fois les principes généraux et leur application concrète dans des mises en situation réalistes.
Conclusion : un cadre qui transforme l’improvisation en action
Le plan AERER transforme une situation d’incertitude en une intervention structurée. Il ne supprime pas l’émotion, mais il lui donne une direction. Il ne remplace pas les professionnels, mais il comble le vide entre la détresse et la prise en charge.
C’est l’un des outils les plus concrets qu’un non-professionnel puisse acquérir pour contribuer à la santé mentale de son entourage professionnel et personnel.
Retrouvez les modalités et les prochaines dates sur notre formation Premiers Secours en Santé Mentale.
FAQ – Le plan d’action AERER
Le plan AERER s'applique-t-il à toutes les situations de crise en santé mentale ?
Le plan AERER est un cadre général qui s’adapte à chaque situation. La formation PSSM enseigne comment l’appliquer aux principaux troubles : dépression, troubles anxieux, crise psychotique, usage de substances. Pour comprendre ce que sont les premiers secours en santé mentale et leur cadre d’application, consultez notre article dédié.
Faut-il être formé pour appliquer le plan AERER ?
Oui. Le plan AERER est enseigné dans le cadre de la formation PSSM. Sa mise en application nécessite une formation pratique avec des mises en situation pour acquérir les réflexes adaptés à chaque type de crise.
Que faire si la personne refuse de chercher de l'aide professionnelle ?
Le secouriste en santé mentale ne peut pas forcer une personne à consulter. Son rôle est d’encourager et d’orienter, pas de contraindre. En cas de danger immédiat pour la personne ou pour autrui, les services de secours doivent être contactés. La ligne nationale de prévention du suicide (3114) est disponible 24h/24.
Le plan AERER peut-il être utilisé avec un proche en dehors du contexte professionnel ?
Oui. La formation PSSM est une formation citoyenne autant que professionnelle. Le plan AERER est applicable dans tous les contextes : famille, amis, voisinage. Pour connaître qui peut suivre la formation PSSM, consultez notre article dédié.
Quelle est la différence entre le plan AERER et les gestes de premiers secours physiques ?
Les deux partagent la même logique : intervenir en première intention jusqu’à la prise en charge professionnelle. La différence est dans l’objet de l’intervention : les gestes de premiers secours physiques agissent sur le corps, le plan AERER agit sur la relation et l’orientation vers des ressources adaptées.
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