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Combien de sauveteurs secouristes du travail faut-il dans son entreprise ?

Salariée assise devant son ordinateur portable, se tenant la nuque à deux mains avec une grimace de douleur.

Ce que vous apprendrez dans cet article :

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Ce que les articles R4224-15 et R4224-16 imposent réellement à l'employeur

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Pourquoi le ratio de 10 à 15 % de l'effectif ne figure dans aucun texte

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Ce qui fait qu'un secouriste présent sur le papier ne l'est pas sur le terrain

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Comment dimensionner votre réseau site par site et horaire par horaire

« Combien de sauveteurs secouristes du travail faut-il dans notre entreprise ? » La question revient à chaque construction du plan de formation. La réponse que l’on entend le plus souvent tient dans un pourcentage : 10 % de l’effectif, parfois 15 %. Ce chiffre circule partout. Il ne figure pourtant ni dans le Code du travail, ni dans le référentiel national du dispositif SST. Le texte réglementaire ne raisonne pas en pourcentage. Il désigne des lieux, des situations de travail et des risques. Ce décalage explique pourquoi tant d’entreprises se croient conformes alors que personne n’est disponible pour porter secours un vendredi soir, ou sur un site secondaire.

 

Ce que le Code du travail impose réellement

Deux articles, aucun pourcentage

L’article R4224-15 prévoit qu’un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d’urgence dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et sur chaque chantier employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux.

L’article R4224-16 prend le relais pour toutes les autres situations. En l’absence d’infirmiers, ou lorsque leur nombre ne permet pas une présence permanente, l’employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades.

À la lecture, ces deux textes surprennent souvent. Le premier fixe un plancher étroit, limité à des lieux précis. Le second vous renvoie à votre propre évaluation des risques. Aucun ne parle d’un pourcentage de l’effectif. L’article R4224-15 ne précise même pas ce qu’il entend par travaux dangereux : c’est votre évaluation des risques, formalisée dans le document unique, qui permet de les repérer.

Pour répondre à ces obligations, la plupart des entreprises s’appuient sur la formation SST, qui associe les gestes de secours et la contribution du salarié à la prévention des risques de son entreprise.

D’où vient alors la croyance d’un quota

Elle a une origine documentée. En 1946, le Code du travail demandait aux entreprises de former une personne aux soins d’urgence pour vingt salariés (INRS, Document de référence du dispositif Sauvetage Secourisme du Travail, version 8, janvier 2021, partie 1.3, page 6). Ce ratio a disparu depuis longtemps. Le souvenir, lui, a survécu. Il s’est transformé en pourcentages qui circulent encore aujourd’hui entre professionnels, sans que personne ne remonte au texte.

Pourquoi ce minimum protège rarement vos équipes

Respecter le plancher ne signifie pas qu’un salarié pourra intervenir le jour où un accident survient.

Prenez une entreprise avec un seul salarié formé sur son site. L’organisation tient tant que cette personne est présente. Elle tombe dès qu’elle part en congés, en déplacement chez un client, en arrêt maladie ou en formation. Elle tombe aussi lorsque cette personne se trouve être la victime.

Ajoutez la question des horaires. Un secouriste présent de 9 heures à 17 heures ne couvre ni l’équipe du matin, ni celle de nuit, ni le samedi. Sur le papier, l’entreprise compte un SST. Sur le terrain, une partie des salariés travaille sans aucune couverture. La géographie pèse autant : un siège, deux agences et un entrepôt forment quatre lieux distincts, et un secouriste basé au siège n’apportera rien à l’entrepôt situé à trente kilomètres.

Reste le point le plus discret, et le plus fréquent. Le certificat SST reste valable deux ans. Sa prolongation dépend du suivi d’un stage de maintien et actualisation des compétences de 7 heures, tous les 24 mois (INRS, Document de référence du dispositif SST, version 8, janvier 2021). Un salarié formé il y a trois ans, sans recyclage, n’exerce plus comme SST. Beaucoup d’entreprises comptent ainsi des secouristes qui n’en sont plus.

e référentiel national donne une direction plus utile qu’un ratio : des secouristes en nombre adapté et bien répartis, capables d’intervenir immédiatement après un accident

Comment dimensionner votre réseau de secouristes

Quatre questions suffisent à construire un dimensionnement que vous pourrez défendre devant votre CSE, votre médecin du travail ou un inspecteur.

Repérez où se situent vos risques. Reprenez votre document unique et identifiez les unités de travail exposées. Un atelier de découpe et un service comptable n’appellent pas la même densité de secouristes.

Croisez vos sites et vos plages horaires. Listez chaque lieu et chaque créneau, équipes du matin, de nuit et du week-end comprises. Chaque combinaison doit compter au moins une personne formée et réellement disponible.

Prévoyez une marge d’absence. Une seule personne formée par combinaison ne tient pas dans la durée. Deux absorbent les congés et les arrêts. Trois deviennent utiles dès que votre turnover est élevé.

Suivez vos dates de fin de validité. Tenez un tableau des échéances et programmez les sessions de MAC SST avant le terme, jamais après. Sur ce point, notre article sur les formations obligatoires qui arrivent à échéance détaille la méthode pour construire un échéancier sur douze mois.

Cette méthode produit un nombre, et surtout une carte. Deux entreprises de cent salariés peuvent aboutir à des besoins très différents selon leurs horaires, leurs sites et leurs métiers. Sur le budget, regroupez les sessions par site et alignez les recyclages sur un même trimestre : vous limitez les déplacements et vous évitez les rattrapages en urgence.

Un maillage vaut mieux qu’un pourcentage

La bonne question n’est pas « combien de SST suis-je obligé de former », mais « si un accident survient mardi à 6 heures dans mon entrepôt, qui intervient ». Si la réponse vous fait hésiter, vous savez par où commencer.

Dimensionner votre réseau de secouristes ?

Décrivez-nous vos sites, vos horaires et vos risques principaux : nous vous proposons un parcours adapté.

FAQ – Vos questions sur le nombre de SST en entreprise

Existe-t-il un nombre minimum de SST par salarié ?

Non. Le Code du travail impose la présence d’un salarié formé aux premiers secours dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux et sur certains chantiers, sans fixer de ratio rapporté à l’effectif. Partout ailleurs, l’employeur organise les secours après avis du médecin du travail.

Le PRAP est-il obligatoire ?

Non, aucun texte n’impose le PRAP en tant que tel. Il s’agit d’un dispositif de formation de l’INRS et du réseau Assurance Maladie risques professionnels. Son programme comprend toutefois un apprentissage pratique des manutentions protectrices, ce qui en fait une réponse possible à l’obligation de formation des salariés exposés, avec en plus l’analyse du poste.

Le ratio de 10 à 15 % de l'effectif est-il obligatoire ?

Ce pourcentage est très répandu, mais il ne figure ni dans le Code du travail, ni dans le document de référence du dispositif SST. Ce dernier demande seulement des secouristes en nombre adapté et bien répartis.

Combien de temps un certificat SST reste-t-il valable ?

Deux ans. Sa prolongation dépend du suivi d’un stage de maintien et actualisation des compétences de 7 heures, à réaliser avant la date de fin de validité.

Que se passe-t-il si mon seul secouriste est absent ?

Vous n’êtes plus en mesure d’assurer les premiers secours pendant cette absence, même si votre organisation reste conforme sur le papier. C’est la raison pour laquelle une deuxième personne formée par site et par horaire change réellement les choses.

Le PSC1 remplace-t-il la formation SST ?

Non. Un titulaire du certificat SST à jour est réputé détenir le PSC1, mais l’inverse n’est pas vrai. Un salarié titulaire du PSC1 peut en revanche suivre un parcours allégé pour obtenir le certificat SST.

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