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Assertivité au travail : se positionner sans agressivité ni soumission

Collègues se donnant un high five lors d'une réunion, illustrant des relations professionnelles apaisées grâce à une communication assertive au travail.

Ce que vous apprendrez dans cet article :

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Ce qu'est l'assertivité et en quoi elle diffère de l'affirmation de soi mal comprise.

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Les trois postures inefficaces face à une situation tendue et pourquoi elles échouent.

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Les techniques concrètes pour exprimer un désaccord, poser une limite ou dire non.

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Pourquoi l'assertivité est une compétence professionnelle qui se travaille.

Un collègue vous impose une tâche qui ne relève pas de votre poste. Un manager critique votre travail devant l’équipe. Un client formule une demande hors cadre avec insistance. Dans ces situations, deux réactions dominent : céder pour éviter le conflit, ou monter au créneau et durcir l’échange.

Ces deux réponses ont un point commun : elles échouent. La première laisse la situation se reproduire et génère du ressentiment. La seconde dégrade la relation et alimente l’escalade. L’assertivité constitue la troisième voie.

 

 

1. Ce qu’est réellement l’assertivité

L’assertivité désigne la capacité à exprimer ce que l’on pense, ce que l’on ressent et ce que l’on souhaite, de manière claire et directe, tout en respectant son interlocuteur.

La formulation est simple, mais elle contient deux exigences qui sont rarement tenues ensemble. Exprimer clairement : ne pas taire, ne pas insinuer, ne pas espérer que l’autre devine. Respecter l’autre : ne pas imposer, ne pas dévaloriser, ne pas chercher à avoir le dernier mot.

L’assertivité est souvent confondue avec l’affirmation de soi entendue comme capacité à s’imposer. C’est un contresens. Une personne assertive ne cherche pas à gagner l’échange : elle cherche à ce que sa position soit exprimée et entendue, tout en laissant à l’autre la même possibilité.

Cette posture repose sur un principe : mes besoins et ceux de mon interlocuteur ont la même légitimité. C’est ce qui la distingue à la fois de l’agressivité, qui nie les besoins de l’autre, et de la soumission, qui nie les siens.

2. Les trois postures inefficaces

Face à une situation tendue, trois réactions spontanées s’observent. Aucune ne produit de résultat durable.

La soumission (ou passivité)

La personne cède, ne dit rien, accepte ce qui ne lui convient pas. À court terme, elle évite le conflit. À moyen terme, elle accumule du ressentiment, voit la situation se reproduire et perd en crédibilité. La soumission enseigne à l’entourage que les limites peuvent être franchies sans conséquence.

L’agressivité

La personne impose son point de vue, hausse le ton, dévalorise l’interlocuteur. Elle obtient parfois satisfaction immédiate, mais dégrade la relation, génère des réactions défensives et prépare des représailles ou un désengagement.

La manipulation

La personne n’exprime pas directement sa position mais l’obtient par des voies détournées : sous-entendus, culpabilisation, alliances, informations retenues. C’est la posture la plus destructrice pour un collectif, car elle installe un climat de défiance généralisée.

Ces trois postures partagent un même défaut : elles évitent l’expression directe et claire d’une position, et donc le traitement réel de la situation.

3. Les techniques concrètes

Décrire les faits, pas les personnes

Une position assertive s’appuie sur des éléments observables. Décrire ce qui s’est passé, ce que cela produit concrètement, et ce que l’on souhaite pour la suite. Cette formulation ne met pas l’interlocuteur en position d’accusé et réduit fortement le risque de réaction défensive.

Parler en son nom

Formuler à la première personne, en assumant que l’on exprime son propre point de vue. Cela évite la généralisation accusatrice et rend la position discutable sans qu’elle soit vécue comme un jugement.

Formuler une demande explicite

Une remarque sans demande ne change rien. L’assertivité suppose de dire ce que l’on attend concrètement, de façon vérifiable.

Savoir dire non sans se justifier à l’excès

Un refus assertif est bref, clair et n’appelle pas d’argumentation défensive interminable. Multiplier les justifications signale à l’interlocuteur que la décision est négociable et l’invite à insister.

Répéter calmement sa position

Face à l’insistance, reformuler la même position, sans surenchère ni durcissement. Cette constance, sans agressivité, est ce qui fait aboutir un refus quand la simple justification échoue.

Accepter le désaccord

Une position assertive n’implique pas l’adhésion de l’autre. On peut exprimer clairement son point de vue, l’entendre rejeté, et maintenir une relation professionnelle correcte. Chercher à convaincre à tout prix fait basculer dans l’agressivité.

 

4. Assertivité et gestion des émotions

Ces deux dimensions sont indissociables. Une position assertive suppose un état émotionnel suffisamment régulé pour ne basculer ni dans la riposte ni dans le retrait.

En pratique, cela implique de savoir repérer sa propre montée émotionnelle avant qu’elle ne dicte la réaction. Les signes sont physiques et identifiables : accélération du rythme cardiaque, tension musculaire, respiration qui se raccourcit, chaleur. Les reconnaître permet de gagner les quelques secondes qui séparent la réaction impulsive de la réponse choisie.

Cela implique aussi d’accepter de différer. Dans une situation où l’émotion domine, reporter l’échange à un moment plus favorable est une réponse assertive, pas une fuite. Dire qu’on souhaite en reparler plus tard vaut mieux qu’un échange conduit sous tension.

5. Une compétence qui se travaille

L’assertivité n’est pas un trait de personnalité. Les personnes qui l’exercent naturellement sont rares, et la plupart des professionnels oscillent entre soumission et agressivité selon les interlocuteurs et les contextes.

Elle s’acquiert par la pratique : formuler, tester des tournures, expérimenter ses réactions en situation, identifier ses propres déclencheurs. Les mises en situation encadrées permettent ce travail dans un cadre où l’erreur n’a pas de conséquence professionnelle.

 

Conclusion : ni subir ni imposer

L’assertivité permet de sortir de l’alternative entre subir et imposer. Elle repose sur une conviction simple, qui se traduit en techniques précises : exprimer clairement sa position tout en reconnaissant à l’autre le droit d’avoir la sienne. C’est ce qui permet de traiter les désaccords sans dégrader les relations.

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FAQ – Assertivité au travail

Quelle est la différence entre assertivité et affirmation de soi ?

L’affirmation de soi est souvent comprise comme la capacité à s’imposer. L’assertivité va au-delà : elle suppose d’exprimer clairement sa position tout en respectant celle de l’interlocuteur. Une personne assertive ne cherche pas à gagner l’échange, mais à ce que sa position soit exprimée et entendue.

Comment dire non à une demande sans se justifier indéfiniment ?

Un refus assertif est bref et clair. Multiplier les justifications signale que la décision est négociable et invite l’interlocuteur à insister. Face à l’insistance, reformuler calmement la même position sans surenchère est plus efficace que d’argumenter davantage.

L'assertivité fonctionne-t-elle face à une personne agressive ?

Elle constitue la base de la posture à adopter, mais l’agressivité caractérisée appelle des techniques spécifiques de désamorçage. Pour approfondir, consultez notre article sur comment faire face à l’agressivité d’un client ou d’un usager.

Que faire quand l'émotion prend le dessus pendant un échange ?

Repérer les signes physiques de la montée émotionnelle (rythme cardiaque, tension, respiration) permet de gagner les secondes qui séparent la réaction impulsive de la réponse choisie. Différer l’échange à un moment plus favorable est une réponse assertive, pas une fuite.

L'assertivité permet-elle d'éviter les conflits ?

Elle ne les supprime pas, mais elle évite qu’un désaccord ne se transforme en affrontement personnel. Pour comprendre les mécanismes du conflit au travail et comment le désamorcer, consultez notre article dédié.

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