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SST : que faire si un collègue montre des signes de malaise lié à la chaleur ?
Ce que vous apprendrez dans cet article :
Comment reconnaître les signes d'un malaise lié à la chaleur avant qu'il s'aggrave
Quelle conduite adopter en tant que SST face à une déshydratation ou un coup de chaleur
Comment alerter efficacement les secours depuis votre poste de travail
Pourquoi la formation SST fait toute la différence dans ces situations
Il fait 34°C dans l’entrepôt depuis le début du poste. Votre collègue, qui s’active depuis des heures, ralentit soudainement. Il est pâle, transpire abondamment, se plaint de maux de tête. Quelques minutes plus tard, il s’assied brusquement, incapable de continuer.
Que faites-vous ?
La chaleur peut provoquer des malaises graves, parfois très rapidement. Déshydratation sévère, épuisement thermique, coup de chaleur : ces situations peuvent tourner mal si personne ne réagit dans les premières minutes. C’est précisément pour ça que la formation SST existe, et que chaque entreprise gagnerait à avoir des Sauveteurs Secouristes du Travail formés sur chaque lieu de travail.
Voici le protocole à connaître.
Reconnaître les signes : la première étape qui change tout
Déshydratation et épuisement thermique
L’épuisement thermique est la forme la plus fréquente de malaise lié à la chaleur en milieu professionnel. Il survient quand le corps n’arrive plus à réguler sa température correctement, souvent après une exposition prolongée à la chaleur combinée à un effort physique.
Les signes à repérer sont les suivants :
- Peau pâle, froide et moite
- Transpiration abondante
- Fatigue soudaine et intense
- Maux de tête, vertiges, nausées
- Crampes musculaires
- Confusion légère ou difficulté à se concentrer
La personne répond aux questions, mais elle est clairement mal à l’aise. Elle n’a pas perdu connaissance. C’est une urgence à traiter rapidement, mais elle répond bien aux premiers gestes si vous intervenez sans attendre.
Le coup de chaleur : une urgence vitale
Le coup de chaleur est plus grave. Il correspond à une défaillance complète des mécanismes de régulation thermique. La température corporelle monte très haut, parfois au-delà de 40°C.
Les signes caractéristiques sont différents de l’épuisement thermique et ne doivent pas être confondus :
- Peau chaude, sèche, rouge (la transpiration a cessé)
- Confusion, désorientation, propos incohérents
- Pouls rapide et puissant
- Possible perte de connaissance
- Convulsions dans les cas les plus graves
Le coup de chaleur est une urgence médicale absolue. Sans intervention rapide, le pronostic vital peut être engagé. Les secours doivent être alertés immédiatement.
La conduite à tenir selon le protocole SST
Étape 1 : protéger
Avant toute chose, sécurisez la zone. Vérifiez qu’il n’y a pas de danger immédiat autour de la victime (machines en fonctionnement, circulation, risque de chute). Si la personne est encore debout, accompagnez-la pour éviter une chute.
Si possible, éloignez la victime de la source de chaleur : sortir d’une zone de production surchauffée, mettre à l’abri du soleil, amener dans un local plus frais.
Étape 2 : examiner
Évaluez rapidement l’état de la victime en lui parlant. Posez une question simple : « Est-ce que vous m’entendez ? Comment vous sentez-vous ? »
Deux situations possibles :
La victime répond. Elle est consciente. Observez son apparence : est-elle pâle ou rouge ? Sa peau est-elle froide et moite, ou chaude et sèche ? Ces deux indicateurs vous permettent de distinguer l’épuisement thermique du coup de chaleur, et d’adapter votre réponse.
La victime ne répond pas. Elle est inconsciente. Vérifiez si elle respire. Si oui, placez-la en position latérale de sécurité (PLS) et alertez immédiatement les secours. Si elle ne respire pas, démarrez les manoeuvres de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) et demandez à quelqu’un d’appeler le 15 ou le 18 sans attendre.
Étape 3 : alerter
L’alerte doit être déclenchée sans délai, en parallèle des premiers gestes. En entreprise, cela signifie :
- Contacter les secours internes si votre organisation en dispose (infirmier, référent sécurité)
- Appeler le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro européen d’urgence)
- Donner un message clair : localisation précise, nature du malaise, état de la victime, nombre de personnes concernées, mesures déjà prises
Si vous êtes seul, alertez d’abord, puis revenez auprès de la victime. Si vous êtes plusieurs, désignez quelqu’un explicitement pour appeler les secours : « Vous, appelez le 15 maintenant. »
Étape 4 : secourir
Les gestes à réaliser dépendent de l’état de la victime.
En cas d’épuisement thermique (victime consciente) :
- Allongez la victime dans un endroit frais, jambes légèrement surélevées si possible
- Desserrez ou retirez les vêtements qui compriment (col, ceinture, EPI)
- Rafraîchissez progressivement : ventiler la personne, appliquer des linges humides et frais sur le front, la nuque et les poignets
- Si la victime est capable d’avaler sans risque de fausse route, proposez-lui de l’eau fraîche en petites quantités
- Restez auprès d’elle jusqu’à l’arrivée des secours et surveillez son état
En cas de coup de chaleur (signes de gravité présents) :
- Ne donnez rien à boire : le risque de fausse route est réel si la personne est confuse
- Refroidissez activement et rapidement : linges froids sur les zones vasculaires (cou, aisselles, aines), eau fraîche sur la peau, ventilation intense
- Placez la victime en PLS si elle perd connaissance tout en respirant
- Démarrez la RCP si elle cesse de respirer
- Ne la quittez pas et communiquez en permanence avec les secours jusqu’à leur arrivée
Ce que la formation SST apporte concrètement
Agir sans hésiter
La différence entre un salarié formé et un salarié non formé, dans ce type de situation, ce n’est pas la bonne volonté. C’est la capacité à agir sans se perdre dans le doute.
Reconnaître la différence entre un épuisement thermique et un coup de chaleur, savoir dans quel ordre alerter et secourir, appliquer les bons gestes sans aggraver la situation : tout cela s’apprend et se pratique. On ne l’improvise pas au moment où la situation se présente.
La formation SST donne précisément ces automatismes. Elle couvre l’ensemble des situations d’urgence rencontrées en entreprise, dont les malaises, et elle certifie les compétences acquises pour une durée de 24 mois.
Un rôle qui dépasse le geste technique
Le SST ne se limite pas à intervenir sur une victime. Il participe aussi à la prévention des risques au quotidien : repérer les situations à risque avant qu’elles tournent mal, alerter la hiérarchie, contribuer à la démarche de prévention de l’entreprise.
En période de forte chaleur, ça peut vouloir dire signaler qu’une zone de travail est anormalement exposée, qu’un collègue montre des signes d’épuisement depuis plusieurs heures, ou que les mesures de prévention en place ne sont pas suffisantes. Ce rôle de vigie est aussi précieux que le geste de secours lui-même.
Pour comprendre toute l’étendue du rôle du SST en entreprise, lisez notre article : Le rôle du SST ne se limite pas à celui de secouriste
Être prêt avant que ça arrive
Savoir où se trouve le matériel
Dans les entreprises bien organisées, chaque SST sait où se trouvent la trousse de secours, le défibrillateur, les coordonnées des secours internes et les procédures d’urgence. En pratique, ce n’est pas toujours le cas.
Avant l’été, c’est le bon moment pour vérifier : le matériel de premiers secours est-il accessible ? Les numéros d’urgence sont-ils affichés de façon visible ? Les salariés exposés à la chaleur savent-ils à qui s’adresser en cas de malaise ?
Ces vérifications prennent peu de temps. Elles peuvent tout changer.
Former suffisamment de SST
La réglementation impose la présence d’un SST par atelier ou chantier où des travaux dangereux sont effectués (article R. 4224-15 du Code du travail). Dans les faits, de nombreuses entreprises sont en deçà de ce seuil, ou ont des SST dont la certification a expiré.
Un salarié dont le certificat SST date de plus de 24 mois n’est plus considéré comme SST au sens réglementaire. Le recyclage SST est obligatoire pour maintenir la certification.
Pour savoir pourquoi il vaut mieux anticiper et former plusieurs SST dans votre organisation, lisez notre article : SST : pourquoi chaque entreprise a besoin de salariés formés aux premiers secours
Agir vite, agir bien : ça s’apprend
Face à un malaise lié à la chaleur, les bonnes intentions ne suffisent pas. Ce qui fait la différence, c’est la capacité à identifier rapidement la situation, à enchaîner les bons gestes dans le bon ordre et à alerter les secours avec les informations utiles.
Ces compétences s’acquièrent en formation. Pas en lisant un article, aussi complet soit-il.
Si vous souhaitez former vos équipes ou renouveler les certifications de vos SST, découvrez notre formation Sauveteur Secouriste du Travail. Elle est certifiante et directement applicable sur le terrain.
FAQ – Vos questions sur le SST et les malaises liés à la chaleur
Un coup de chaleur peut-il survenir sans effort physique intense ?
Oui. L’exposition prolongée à une température ambiante élevée, même sans activité physique soutenue, peut provoquer un coup de chaleur, notamment chez les personnes vulnérables : personnes âgées, salariés sous traitement médicamenteux, femmes enceintes. La vigilance ne doit pas se limiter aux postes à forte activité physique.
Quelle est la différence entre épuisement thermique et coup de chaleur ?
L’épuisement thermique se manifeste par une peau pâle, froide et moite, avec transpiration abondante. La victime est consciente et répond. Le coup de chaleur présente des signes inverses : peau chaude, sèche et rouge, pouls rapide, confusion ou perte de connaissance. Le coup de chaleur est plus grave et nécessite une alerte immédiate des secours.
Faut-il donner à boire à une victime d'un malaise lié à la chaleur ?
Uniquement si la victime est pleinement consciente, capable d’avaler sans risque de fausse route, et si le malaise correspond à un épuisement thermique. En cas de coup de chaleur, de confusion ou d’altération de la conscience, ne donnez rien à boire et attendez les secours.
Le SST est-il habilité à réaliser tous ces gestes ?
Oui. La formation SST certifiée INRS couvre l’ensemble de la conduite à tenir face à un malaise, y compris les malaises liés à la chaleur. Le SST est formé pour protéger, examiner, alerter et secourir dans l’attente des secours professionnels.
À quelle fréquence faut-il renouveler sa certification SST ?
Le certificat SST est valable 24 mois. Au-delà, un recyclage (MAC SST) est obligatoire pour maintenir la certification. Un SST dont le certificat est expiré n’est plus reconnu réglementairement comme tel.
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