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Qu’est-ce que la bientraitance en EHPAD ?

Deux femmes âgées échangeant avec bienveillance à l'extérieur, illustrant la relation de confiance et le respect de la dignité au cœur de la bientraitance en EHPAD.

Ce que vous apprendrez dans cet article :

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Ce que recouvre précisément la notion de bientraitance et comment la distinguer de la simple absence de maltraitance.

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Quel est le cadre légal et institutionnel qui encadre la bientraitance en EHPAD.

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Comment la bientraitance se traduit concrètement dans les pratiques quotidiennes des équipes.

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Pourquoi la formation est indispensable pour ancrer durablement ces pratiques.

Dans un EHPAD, la bientraitance est souvent évoquée comme une évidence. « On est là pour prendre soin des résidents, c’est notre métier. » Pourtant, entre l’intention et la pratique quotidienne, il y a souvent un écart. Un résident qu’on aide à s’habiller sans lui demander son avis. Une toilette effectuée en silence par manque de temps. Un repas servi sans tenir compte des préférences exprimées. Ces situations ne sont pas de la maltraitance au sens strict. Mais elles ne sont pas non plus de la bientraitance.

Comprendre ce qu’est réellement la bientraitance, c’est la première étape pour la faire vivre au quotidien dans un établissement.

 

1. Définition : ce qu’est la bientraitance

La bientraitance est définie par la Haute Autorité de Santé (HAS) comme « une manière d’être, d’agir et de dire, soucieuse de l’autre, réaliste et créative ». Elle ne se réduit pas à l’absence de maltraitance. Elle désigne une démarche active et intentionnelle qui place le bien-être, la dignité et l’autonomie de la personne accompagnée au centre de chaque interaction.

La bientraitance repose sur quatre principes fondamentaux. Le respect de la singularité : chaque personne est unique, avec son histoire, ses habitudes, ses préférences et ses capacités propres. La promotion de l’autonomie : accompagner, c’est soutenir ce que la personne peut encore faire seule, pas faire à sa place par souci d’efficacité. La protection de la dignité : chaque geste, chaque mot, chaque regard contribue à préserver ou à fragiliser la dignité de la personne. La vigilance collective : la bientraitance n’est pas l’affaire d’un seul professionnel mais d’une équipe entière qui partage les mêmes repères et les mêmes exigences.

2. Le cadre légal et institutionnel

La bientraitance n’est pas seulement une valeur éthique. Elle est encadrée par un ensemble de textes législatifs et réglementaires qui définissent les obligations des établissements.

La loi du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale pose le principe du respect des droits et de la dignité des personnes accueillies. Elle impose aux établissements de garantir à chaque résident l’exercice de ses droits fondamentaux : droit au respect de la dignité, droit à la vie privée, droit à l’information, droit à la participation aux décisions qui le concernent.

Le Code de l’action sociale et des familles (articles L311-3 et suivants) définit les droits des usagers des établissements sociaux et médico-sociaux. Il impose notamment la remise d’un livret d’accueil, la signature d’un contrat de séjour et la mise en place d’un conseil de la vie sociale.

Les recommandations de la HAS sur la bientraitance (2012, actualisées depuis) définissent les repères pratiques pour les équipes et les établissements. Elles constituent le cadre de référence pour les démarches d’évaluation interne et externe des EHPAD.

Le label Maison France Autonomie, en cours de finalisation pour un déploiement d’ici 2027, renforcera ces exigences en faisant de la bientraitance un critère explicite de labellisation.

 

3. La différence entre bientraitance et maltraitance

La maltraitance est définie par le Conseil de l’Europe comme « tout acte ou omission commis par une personne, s’il porte atteinte à la vie, à l’intégrité corporelle ou psychique ou à la liberté d’une autre personne, ou compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou nuit à sa sécurité financière ». Elle peut être physique, psychologique, financière, sexuelle ou par négligence.

La bientraitance ne se situe pas simplement à l’opposé de la maltraitance sur un même axe. Entre les deux, il existe une large zone de pratiques qui ne sont ni maltraitantes au sens légal ni véritablement bientraitantes : des soins effectués mécaniquement, sans relation, sans communication, sans attention à la personne. C’est cette zone intermédiaire que la démarche de bientraitance cherche à transformer.

 

4. Comment la bientraitance se traduit dans les pratiques quotidiennes

Dans les soins de base

Frapper avant d’entrer dans une chambre. Expliquer chaque geste avant de le réaliser. Demander à la personne comment elle préfère être aidée. Respecter son rythme. Lui laisser faire ce qu’elle peut encore faire seule, même si c’est plus long. Ces pratiques semblent élémentaires. Elles sont pourtant difficiles à maintenir sous pression.

Dans la communication

S’adresser à la personne en la tutoyant si elle le demande, en la vouvoyant sinon. Ne pas parler d’elle à la troisième personne en sa présence. Adapter son niveau de langage à ses capacités de compréhension. Prendre le temps d’écouter, même quand la communication est difficile.

Dans l’organisation du quotidien

Respecter les habitudes de vie du résident : heure de lever, préférences alimentaires, activités qui lui plaisent. Ne pas imposer un rythme collectif qui nie les besoins individuels. Associer la personne aux décisions qui la concernent, dans la mesure de ses capacités.

Dans la relation avec les familles

Les familles sont des partenaires de la bientraitance. Les associer à la connaissance du résident, les informer régulièrement, les impliquer dans les décisions importantes contribue à une prise en charge plus cohérente et plus respectueuse.

Conclusion : une démarche qui se construit et s’entretient

La bientraitance n’est pas un état que l’on atteint une fois pour toutes. C’est une démarche continue, qui demande une vigilance permanente, des espaces de réflexion collective et une formation régulière des équipes. Elle se construit dans la durée, geste après geste, équipe par équipe.

Retrouvez les modalités et les prochaines sessions sur notre formation bientraitance de la personne dépendante.

FAQ – Qu’est-ce que la bientraitance en EHPAD ?

La bientraitance est-elle une obligation légale pour les EHPAD ?

Oui. La loi du 2 janvier 2002 et le Code de l’action sociale et des familles imposent aux établissements de respecter les droits et la dignité des personnes accueillies. Les recommandations de la HAS définissent les repères pratiques. Le futur label Maison France Autonomie renforcera ces exigences. Pour comprendre ce que la réforme Maison France Autonomie implique pour la bientraitance, consultez notre article dédié.

Quelle est la différence entre bientraitance et absence de maltraitance ?

L’absence de maltraitance signifie qu’aucun acte nuisible n’est commis. La bientraitance va plus loin : elle désigne une démarche active qui place le bien-être, la dignité et l’autonomie de la personne au centre de chaque interaction. Entre les deux existe une zone de pratiques mécaniques, sans relation ni attention, qui ne sont ni maltraitantes ni bientraitantes.

Comment savoir si une pratique est bientraitante ou non ?

En se posant trois questions : cette pratique respecte-t-elle la dignité de la personne ? Lui laisse-t-elle le maximum d’autonomie possible ? A-t-elle été réalisée en tenant compte de ses préférences et de son histoire ? Pour connaître comment prévenir la maltraitance en établissement, consultez notre article dédié.

La bientraitance concerne-t-elle uniquement les soignants ?

Non. Elle concerne l’ensemble des professionnels en contact avec les résidents : agents de service, animateurs, personnel administratif, direction. La bientraitance est une responsabilité collective qui engage toute l’équipe.

Comment former ses équipes à la bientraitance ?

La formation à la bientraitance combine apports théoriques sur le vieillissement et le cadre légal, mises en situation pratiques, expériences sensorielles et réflexion collective sur les pratiques. Elle est d’autant plus efficace qu’elle implique l’ensemble de l’équipe et qu’elle s’inscrit dans une démarche continue. Retrouvez toutes les modalités sur notre formation bientraitance.

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